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 Les bénéfices de la pratique régulière d’une activité physique

 

Introduction

 

Dans le numéro précédent, nous avons présenté les résultats de certaines études épidémiologiques suggérant qu’un niveau d’activité physique plus faible représentait un facteur de risque accru de développer une maladie de Parkinson.

 

Aujourd’hui, nous énumérerons une partie des bénéfices que l’on peut attendre sur la santé par la pratique régulière d’une activité physique surtout d’endurance y compris dans la maladie de Parkinson.  Il est important de bien distinguer cet effet positif de celui des programmes classiques de revalidation par kinésithérapie et physiothérapie que nous n’aborderons pas ici.

 

Bénéfices attendus dans la population générale

 

Environ quatre belges sur dix ont un niveau d’activité physique insuffisant (ndlr : ce chiffre est probablement plus élevé encore chez les patients atteints par la maladie de Parkinson).  C’est l’une des conclusions de l’« Enquête de Santé » réalisée en 2004-2005 au niveau fédéral à l’initiative de l’Institut Scientifique de Santé Publique (ISSP) belge http://www.iph.fgov.be/epidemio/EPIFR/crospfr/hisfr/his04fr/hisfr.pdf. L’ISSP estime qu’il faut promouvoir les activités physiques de loisir et la marche, et encourager les personnes inactives à pratiquer un minimum d’activité physique.  L’Institut considère que chaque individu devrait pratiquer quotidiennement au moins 30 minutes d’activité physique.  En France, le programme national nutrition-santé (PNSS) du Ministère de la Santé et de la Protection sociale préconise un seuil minimal d’activité physique équivalant à 30 minutes de marche rapide par jour http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/pnns_060906/plan.pdf

 

Les objectifs sont bien connus.  On sait en effet, que la sédentarité  est associée à une augmentation du risque de maladies physiques (les maladies cardio-vasculaires, le cancer du colon,…), et mentales (par exemple l’anxiété et la dépression).

 

Chez l’adulte, on sait maintenant que l’exercice physique affecte positivement et spécifiquement certaines fonctions intellectuelles.  La comparaison des résultats de différentes études traitant de ce sujet montre que cet effet est généralement plus marqué chez les femmes, pour des programmes d’activités physiques d’au moins 6 mois, pour des séances hebdomadaires d’au moins 45 minutes, et pour des séances comprenant une combinaison d’exercices d’endurance et de renforcement musculaire.

 

L’effet positif de l’activité physique n’est pas uniforme sur toutes les fonctions intellectuelles: il est plus marqué sur les tâches qui impliquent les fonctions exécutives, c'est-à-dire des fonctions cognitives impliquées dans le contrôle du comportement telles que la planification des actions, la flexibilité comportementale, l’inhibition comportementale et la mémoire à court terme.  Cette observation est intéressante car on assiste généralement à un déclin des fonctions exécutives au cours du vieillissement.

 

Bénéfices attendus dans la maladie de Parkinson

 

On ne dispose pas encore d’informations comparables chez les patients atteints par la maladie de Parkinson mais il est raisonnable de penser que des effets similaires à ceux décrits ci-dessus peuvent être obtenus chez un grand nombre de patients.

 

Bien que les études scientifiques publiées sur ce sujet demeurent encore trop rares, certaines équipes ont étudié l’effet de la pratique d’une activité physique d’endurance sur certaines manifestations de la maladie et la qualité de  vie des patients.

 

Au cours de ces dernières années, plusieurs équipes ont examiné l’effet d’un entraînement sur tapis roulant dans la maladie de Parkinson.  Dans l’une de ces études, les chercheurs ont étudié 9 patients âgés en moyenne de 70 ans. Ceux-ci étaient invités à s’entraîner sur un tapis roulant pendant 30 minutes, à raison de 4 séances par semaine pendant 6 semaines.  A la fin de l’étude, des effets bénéfiques ont été observés notamment sur la vitesse de la marche et le niveau d’endurance physique avec in fine une amélioration de la qualité de vie objectivée par un questionnaire.  Dans une autre étude ouverte, réalisée chez 16 patients, la pratique d’exercices physiques d’endurance à raison de 2 séances hebdomadaires pendant 14 semaines était associée à une amélioration de la force musculaire, la raideur et de la coordination.  Les résultats de plusieurs autres études vont dans le même sens.

 

Dans une autre étude, randomisée cette fois, des chercheurs ont comparé les aptitudes physiques de 26 patients (âgés en moyenne de 65 ans) avant et après la pratique régulière d’une série d’exercices physiques soit d’endurance sur un vélo d’appartement soit de médecine chinoise traditionnelle (Qigong) à raison de 3 séances de 50 minutes par semaine pendant 7 semaines.  A l’issue des exercices d’endurance, ces chercheurs  ont observé un effet bénéfique sur la vitesse de la marche et les capacités d’endurance mais pas sur la qualité de vie des patients.

 

Conclusions et perspectives

 

Un entraînement d’endurance physique exerce des effets bénéfiques sur la santé dans la population générale et chez des patients atteints de la maladie de Parkinson.

 

De nombreuses incertitudes persistent dans la manière d’améliorer ces effets bénéfiques (par exemple, la durée de l’activité physique, sa fréquence, son intensité, son type).  On ignore de plus dans quelle mesure le bénéfice de l’activité physique s’estompe après son interruption.  Il serait également intéressant de mieux comprendre les interactions avec des facteurs diététiques, sociaux et économiques et génétiques.  Enfin, très peu d’études ont été consacrées à l’identification des variables psychosociales et des stratégies qui (dé)favorisent l’adhésion des individus sédentaires à des programmes d’activité physique.

 

Quand on connaît les coûts directs et indirects de la maladie en regard du coût réduit et l’accessibilité aisée d’une activité physique régulière, les résultats de ces recherches à venir dans ce domaine pourraient avoir d’importantes répercussions sur les politiques d’éducation et de soins.

 

Docteur Garraux G., Neurologue, CHU Liège

 

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