Historique de la maladie de Parkinson
Dès 2500 avant J.-C. les médecins des bords du Gange décrivaient déjà un
tremblement de repos qui était probablement d'origine « parkinsonienne ». Au IIe siècle de notre ère Galien avait constaté que certains malades étaient atteints de « palmos », c'est-à-dire de palpitations des membres. Sylvius de la Boe, au XVIe siècle, parlait lui de « tremor coactus ». Mais c'est à James Parkinson (1755-1824) que revient le mérite d'avoir reconnu chez des malades une constellation de symptômes suffisamment spécifiques pour en faire, non seulement un syndrome, mais une maladie à part entière. En 1817, il publie son Essay on the shaking palsy (« Essai sur la paralysie agitante »), cette affection « si pénible et si navrante » à propos de six cas.
« Paralysie agitante » : le titre reprend les deux symptômes clés observés par Parkinson : le tremblement qui est « involontaire dans les parties du corps non en action et même lorsqu'elles sont appuyées » et l'
akinésie qui n'est pas une paralysie stricto sensu, mais une « perversion du mouvement volontaire » et qui s'accompagne d'une posture si particulière et de phénomènes d'
akathisie : « une propension à pencher le tronc en avant et à passer de la marche à la course ». Le terme de festination est employé pour décrire la marche sautillante, s'accélérant au fur et à mesure. Le caractère unilatéral initial, l'évolution lentement progressive, l'hypersialorrhée, la constipation, les troubles de la parole sont également rapportés dans cette description princeps.
Et pourtant, la notion qu'une lésion cérébrale est responsable de la symptomatologie va mettre plus d'un siècle avant d'être acceptée et permettre à la maladie de sortir du champ des "névroses" dans lequel elle sera maintenue durant le XIXesiècle. La description initiale restera « figée » jusque dans les années 1860. Trousseau, en 1859, s'intéresse à la maladie. Il signale que le tremblement peut être discret, voire absent et la raideur alors prédominante. Il décrit le patient « semblant courir après son centre de gravité ». Il rejette le terme de paralysie car il n'y a pas de déficit moteur.
C'est Jean-Baptiste Charcot qui, en 1861-62, au début de sa carrière, devant les dizaines de malades hospitalisés à la Salpêtrière « redécouvre » la maladie. Il décrit le « ralentissement dans l'accomplissement des mouvements, sans affaiblissement réel de la puissance motrice » et le fait que « entre la pensée et l'acte, il s'écoule un temps relativement considérable ». Il remarque la
micrographie, la tendance à la
rétropulsion, la séborrhée du visage.
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Mais surtout, si Parkinson avait décrit le tremblement et l'akinésie, c'est à Charcot que l'on doit le dernier élément du trépied sémiologique : la
rigidité ou hypertonie, décrite comme en « tuyau de plomb ». C'est toujours Charcot qui, pour éviter la confusion engendrée par le terme de paralysie agitante avec d'autres affections en particulier convulsivantes, choisit de rendre hommage à l'auteur de la description princeps. C'est encore Charcot qui va proposer diverses thérapeutiques : chlorure de baryum, carbonate de fer, extrait de fève de Calabar. Plus visionnaires sont l'ergot de seigle, dont certains agonistes dopaminergiques actuels comme la bromocriptine sont dérivés, et surtout la hyosciamine, alcaloïde, extrait de la belladone, atropinique aux propriétés anticholinergiques. En effet, ayant constaté la séborrhée du visage, il rattachait cette dernière à une hypercholinergie qu'il rendait également responsable de la maladie. Compte tenu des résultats obtenus par Charcot avec cette substance, puis avec la scopolamine, les anticholinergiques resteront la base du traitement pendant près d'un siècle. En 1913, Lewy décrit des corps intracytoplasmiques dans les neurones mésencéphaliques de malades. Parallèlement Guggenheim, en 1913, isole à partir de haricots « une substance sans effet thérapeutique, mais aux nombreux effets secondaires » : la
dopamine.
Le symbole de la tulipe a été adopté par l'EPDA, ainsi que par de nombreuses organisations maladies de Parkinson. L'histoire de la tulipe de Parkinson a débuté en 1980 aux Pays-Bas où JWS Van der Wereld, un horticulteur hollandais qui avait la maldaie de Parkinson, a donné le nom de «Dr James Parkinson" à la tulipe rouge et blanc qu'il avait développé. En 1981, il a enregistré sa création sous le nom de bulbe du "Dr James Parkinson". Le nom a été choisi en hommage au Dr James Parkinson. La tulipe 'Docteur James Parkinson a reçu le Prix du Mérite de la même année de la Royal Horticultural Society de Londres, en Angleterre, et a également reçu le Prix de première instance Jardin des Producteurs de Royal général ampoule de la Hollande. Il est décrit comme une fleur: "extérieur, lumineux rouge cardinal, petites plumes bord blanc, base extérieure blanchâtre; l'intérieur, de groseille rouge à la Turquie-rouge, large rebord plumes blanches, anthères jaune pâle." Le 11 avril 2005, la tulipe rouge a été inauguré comme le symbole mondial de la maladie de Parkinson à la 9e Conférence mondiale de la maladie de Parkinson au Luxembourg.
Il faut attendre le début des années 1960 pour mettre en évidence le rôle de cette dopamine dans la maladie de Parkinson, c'est-à-dire en fait quelques années après avoir découvert les neuroleptiques et leur mode d' action : le blocage des récepteurs dopaminergiques.
Tout s'accélère alors avec en 1965 les premiers essais de la dopamine, puis de la L-Dopa ( commercialisée en 1970), puis de son association avec un
inhibiteur de la décarboxylase (1974).
Un an plus tard, c'est au tour des agonistes dopaminergiques (la bromocriptine) d'apparaître dans la pharmacopée. Depuis, les médecins et les patients ont à leur disposition de nombreuses formes galéniques de L-dopa et différents types d'agonistes. Avant l'ère de la dopathérapie, il existait déjà un traitement chirurgical de la maladie de Parkinson. Dans le sixième cas de James Parkinson le tremblement disparut après un accident vasculaire cérébral ischémique régressif. Il réapparut ensuite. L'idée qu'une lésion pouvait faire disparaître un symptôme de la maladie était née. L'amélioration des techniques neurochirurgicales, la meilleure connaissance de la physiopathologie de la maladie, associées à l'analyse pertinente de certains accidents thérapeutiques (ischémie pallidale accidentelle par exemple...) ont permis le développement de cette approche thérapeutique dans les années 1950 à 1970. Mais l'apparition de la L-dopa, puis des agonistes dopaminergiques, les complications et les échecs du traitement chirurgical ont conduit à l'abandon progressif de ce dernier. Depuis le début des années 1990, la neurochirurgie de la maladie de Parkinson fait un retour en force au-devant de la scène thérapeutique car la dopathérapie a ses limites.
Enfin, la greffe neuronale prend petit à petit pied dans la réalité du traitement de la maladie.
Les approches physiopathologiques de plus en plus précises vont probablement concourir à l'éclosion de nouvelles thérapeutiques (antioxydants, enzymes de détoxification, antagonistes des récepteurs NMDA, etc.) venant enrichir l'arsenal actuel. Mais le pas décisif sera franchi quand l' étiologie de la maladie sera enfin connue : plus de 170 ans après la déscription initiale, ce n'est toujours pas le cas.
sources : F.Rouhart , F. Zagnoli " Maladie de Parkinson" édit : Doin éditeurs collection:Conduite, 2000
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