Thérapie comportementale et traitement de l'incontinence dans la maladie de Parkinson PDF Imprimer Envoyer


 

Au cours du développement de la maladie de Parkinson, différents symptômes urinaires peuvent apparaître parmi les troubles non-moteurs de la maladie. Ceux-ci sont souvent associés de façon significative avec une certaine morbidité et un impact sur la qualité de vie (mesuré par exemple par le questionnaire Quality Of Life). L'incontinence urinaire en est un symptôme important.
Alors que plusieurs auteurs déplorent le manque d'essais cliniques pour le traitement de l'incontinence urinaire dans la maladie de Parkinson, les recommandations de soins pour les personnes âgées en étant atteintes comportent en premier lieu une approche de thérapie comportementale, incluant des exercices portant notamment sur l'exercice physique des muscles pelviens.
Dès lors, l'objectif de cette étude était de tester la faisabilité et l'efficacité de cette approche contre l'incontinence urinaire chez des patients âgés atteints de la maladie de Parkinson.

A cet effet, 17 patients atteints de la maladie de Parkinson et âgés de plus de 50 ans ont pu compléter les différentes étapes de cette recherche. En particulier, ils avaient présenté au moins 4 épisodes d'incontinence urinaire sur une période de 7 jours. L'approche de thérapie comportementale consistait en 5 visites toutes les deux semaines, comportant en particulier des séances d'entraînement à la contraction exclusive des muscles du plancher pelvien dans différentes positions, et un accompagnement à la gestion de la situation d'urgence et du flux urinaire.

Les résultats de cette étude ont été importants. Parmi les 17 participants à l'étude, 71% d'entre eux sont parvenus à une réduction de 50% des épisodes d'incontinence urinaire qui disparurent même totalement chez 41% des participants. De façon importante, aucun d'entre eux n'a démontré d'augmentation dans la fréquence des épisodes d'incontinence urinaire.

En conclusion, l'approche par thérapie comportementale conduite chez des patients atteints de maladie de Parkinson et présentant des crises d'incontinence urinaire en a réduit significativement la survenue, parallèlement à une augmentation de la qualité de vie et une baisse des autre symptômes urinaires. En particulier, l'intérêt de cette approche réside dans l'absence de prise médicamenteuse.
Cette étude présente cependant quelques limitations, dans le sens où un équipement relativement lourd est nécessaire pour l'entraînement musculaire et l'efficacité à long terme de l'approche n'a pas été évaluée. Il s'agit maintenant d'évaluer cette approche dans des essais cliniques randomisés et contrôlés.
Date de publication : 14-10-2011 

Par Harold Mouras (Amiens)
Article commenté :
Behavioral therapy to treat urinary incontinence in Parkinson disease.
Vaughan CP, Juncos JL, Burgio KL et al.
Neurology. 2011;76(19):1631-4.

 
"); pageTracker._trackPageview(); } catch(err) {}